19.2.05

Vivement lundi dernier.

Au fond du studio, un grand rideau s'écarta, et :
– Bonjour à ceux qui nous rejoignent, et re-bonjour aux autres ! a lancé Michel Drucker en s'avançant vers la caméra.
Comme un seul homme, le public applaudit alors longuement tous ceux qui nous rejoignaient.
– La personne que nous recevons aujourd'hui, a-t-il enchaîné, est une jeune romancière de 43 ans qui, après avoir connu un grand succès avec son premier livre, a décidé d'entamer une carrière internationale dans la chanson. C'est pourquoi, mon cher Philippe Geluck, nous allons maintenant accueillir… Anitta !

Comme un seul homme, le public m'applaudit alors longuement, et je me suis dirigée vers mes deux hôtes avec l'allure pesante que me conférait le port de mes Doc Martens neuves. Michel Drucker et Philippe Geluck m'ont mis la main sur l'épaule.
– Ma chère Anitta, poursuivit l'homme des dimanches, nous venons de passer l'après-midi ensemble sur France2, ce qui a permis à la France entière de découvrir qui vous étiez vraiment…
– Oui, j'ai dit. Et pourtant, je suis assez timide…
– Et on vous a vue là où vous vivez, dans cette maison où vous habitez, au bord de la mer ; on s'est attardé dans ce bureau sous les combles où vous travaillez durement tous les jours, on a marché avec vous le long de la plage où vous allez chercher l'inspiration pour vos chansons, et on a aperçu cette voiture, aussi, une Citroën je crois, garée devant chez vous…
– Oui, mais c'est pas la nôtre, j'ai précisé. Nous, on a une Renault !
Comme un seul homme, le public applaudit alors longuement les ouvriers des usines Renault.
– Nous avons également fait la connaissance de Thierry et Sylvie, vos amis, qui nous ont dit tout le bien qu'ils pensaient de vous…
– Oui, je les remercie… C'était vraiment gentil.
– Et ensuite, bien sûr, la personne la plus importante à vos yeux : Franck, votre mari…
– C'est vrai, j'ai reconnu.
Michel Drucker lança sa main vers la caméra.
– Franck, si tu nous regardes !
– Il peut pas, j'ai dit. Il est d'astreinte, aujourd'hui !
– Quand même, reprit le grand présentateur, ce qui nous a surpris, Philippe, moi, mais aussi Françoise Coquet et tous les techniciens de la société MD Productions qui ont permis à ce 300ème numéro de Vivement Dimanche de voir le jour…
Comme un seul homme, le public applaudit longuement Françoise Coquet et tous les techniciens de la société MD Productions.
– Ce qui nous a surpris, c'est : vous n'avez pas d'enfants, Anitta ?
– Non, j'ai menti.
– Ah tiens c'est curieux, ça, fit Geluck en relisant sa fiche.
– Enfin, euh… j'ai fait. Pour être honnête, Michel : j'ai une fille, mais… elle ne veut pas qu'on la voit dans votre émission !
– Ah, les problèmes de l'adolescence ! sourit Philippe Geluck.
– Louloute, j'ai dit. Si tu nous regardes…

– Et nous allons maintenant passer ensemble les trois prochains quarts d'heure, juste avant le journal de Béatrice Schoenberg…
Comme un seul homme, le public applaudit longuement Béatrice Schoenberg.
– A essayer de vous connaître un peu mieux. Venez vous asseoir sur le canapé, Anitta. Tenez, mettez-vous au milieu, entre nous deux. Je crois que Philippe vous a écrit une lettre…
– Oui, a dit le père du Chat. Tout d'abord, Anitta, expliquez-moi : comment vous est venue l'idée de vous lancer dans la chanson ?
– Ben, ça n'est pas très facile à expliquer, j'ai dit. C'était un soir où je réfléchissais…
– Quand même, remarqua Philippe Geluck, vous lancer comme ça dans la musique gothique, c'est un sacré pari !
– J'aime les défis, j'ai répondu.
– J'ai remarqué, continua-t-il, que sur votre disque une de vos chansons s'appelle Comme un torrent...
– C'est vrai. Celle-là, c'est la plus difficile que j'ai eu à écrire...
– Et en fait ce n'est pas une chanson, c'est plutôt un long texte en prose qui parle de votre…
– Oh ben dévoilez pas tout, hé ! j'ai protesté.
Philippe Geluck eut un petit geste de la main.
– Et j'ai noté qu'une autre de vos chansons est dédiée à Amy Lee, la chanteuse d'Evanescence. Je voulais savoir : cette chanson, c'est à cause de la polémique qu'il y a eu dans les journaux ?
– Oui, je trouve qu'on l'a injustement accusée de plagier mon look. Ce n'est pas parce que, comme moi, elle met une chemise de nuit sur ses vêtements qu'il faut forcément nous comparer ! Alors j'ai écrit cette petite chanson, Amy est mon amie, pour elle.
A ma gauche, Michel Drucker se redressa.
– Eh bien Amy est là ce soir, pour vous, et elle va à son tour vous dédier sa chanson ! Mesdames et messieurs, voici Evanescence !
Comme un seul homme, le public applaudit alors longuement Amy Lee et Evanescence.

– Bien, a fait Michel D. Là maintenant, il y a quelqu'un, je devrais dire : un habitué de l'émission, qui souhaite vous adresser un petit coucou. On regarde la bande, et vous commenterez après !
Comme un seul homme, le public applaudit longuement la bande.
Sur les écrans de contrôle, s'afficha alors en gros plan le visage de Nicolas Sarkozy.
– Coucou Anitta, tu te souviens de moi ? C'est Nicolas Sarkozy, là. Tu sais, c'est moi qui ai privatisé EDF l'année dernière, contre la promesse que le statut du personnel ne serait pas touché. Alors comme ça, j'apprends que le gouvernement veut revenir sur MA parole ? Ah, si j'avais su, je n'en serais jamais parti, de la Dream Team à J.-P. ! D'un coup, je comprends mieux ta colère, et celle de tes collègues ! Mais enfin, moi je dis toujours, comme tu sais, qu'en politique il y a le temps de l'action, et le temps de la réflexion – et le second doit toujours primer sur le premier ! Je t'en conjure, ne perds pas patience. N'oublie pas qu'en 2007, il y a des échéances importantes auxquelles la France, et les agents EDF, devront faire face. Fais-moi confiance ! Ah, et si tu pouvais demander à tes amis syndicalistes d'arrêter de me faire des blagues sur mon portable, ça m'arrangerait. Voilà, à plus Anitta. Et bravo pour ton disque !
L'écran s'éteignit avec un petit bruit mat.
– Il est formidable, hein ? lança Drucker. Anitta, une réaction ?
– Oh non, je préfère pas, j'ai dit. Votre émission est une émission familiale, et je m'en voudrais de dire des gros mots juste avant la météo de Patrice Drevet !
Comme un seul homme, le public applaudit alors longuement Patrice Drevet.

– Et maintenant, fit Michel Drucker, un autre rendez-vous s'il en est de cette émission qui vous est consacrée Anitta, puisque nous fêtons aujourd'hui avec vous… le retour de Bruno Masure !
– Oh, chouette ! j'ai fait. C'est mon chroniqueur préféré !
– Bonjour Michel et Philippe, s'est avancé l'ex-homme tronc du 20 heures. Bonjour Anitta, a-t-il rougi. Heureux de revenir parmi vous ! Pour une fois que ce n'est pas Geneviève de Fontenay, mais une jolie femme que nous recevons !
– Oooh ! a fait le public.
– Geneviève, si tu nous regardes ! s'est excusé Michel Drucker.
– Merci, j'ai murmuré.
– Ma grande spécialité, Anitta, comme vous le savez peut-être, c'est poète. Et justement, là… J'ai écrit un poème pour vous !
– Oh ça, c'est vraiment sympa, j'ai dit. Dites, je pourrai le mettre sur mon blog, votre poème ? Comme ça, ça me fera un souvenir !
– Ne lui dites pas avant, me souffla P. Geluck. On ne sait jamais !
– Bon, j'y vais, s'esclaffa l'ami Bruno.
Tout là-haut, dans ce plat pays qui est le sien,
Comme disait l'ami Jacques, un de ses voisins,
Elle vit entre Petite-Synthe et Grande-Synthe
Pourtant Dieu sait qu'elle n'en a rien d'une.
Car elle ne recule jamais devant une pinte
De bière, et même quelquefois d'absinthe :
Avec elle, les verres ne sont jamais solitaires,
A part bien sûr les jours où elle manque de thunes.
– Eh ben ça commence fort ! j'ai fait. Finalement, je ne sais pas si je vais le recopier, votre poème…
– Attendez la suite ! s'est défendu son auteur.
Chaque année ses sujets investissent la ville entière
Travestis et costumés, ils défilent le long de la mer
Tous en rangs serrés le long de la digue, dondaine
Ils s'échouent finalement près d'une grande salle
Où leur sens inné de la fête fait alors merveille
Peu importe le froid, la pluie ou même le soleil
D'elle, on dit qu'elle a toujours le port d'une reine
Normal me direz-vous… Pour Sa Majesté Carnaval
!
– Aaaah ! Vous m'avez fait peur, j'ai dit. Un instant, j'ai cru que vous parliez de moi !
– Vous n'y pensez pas, a dit Masure.
– Bravo Bruno ! a coupé Drucker. Et pour finir, le Docteur G. !
Une dernière fois, Philippe Geluck prit la parole.
– Cher Docteur G., m'écrit ce premier patient. A trop regarder la télé, et notamment les émissions de Michel Drucker (cher patient, vous auriez pu dire : les excellentes émissions de Michel Drucker !) je n'ai plus aucune vie sociale. Alors, je vous pose la question : faut-il mettre les gens trop brillants hors d'état de luire ?
– Ha ha ! j'ai dit. Je me pose cette question tous les matins. Mais dîtes, c'est quoi ce truc qui me bave sur la main ?
– C'est Olga, a précisé Michel Drucker. Ma chienne !
– Mais c'est dégueulasse ! j'ai fait. C'est tout gluant, ce truc ! Vous pourriez pas lui dire d'arrêter ?
– Olga ! a dit Michel Drucker.
– Olga ! a dit Philippe Geluck.
– Olga ! a dit Bruno Masure
– Olga ! j'ai dit.


– Mais ce n'est pas Olga voyons, a répondu Sylvie. C'est Audrey qui n'a pas digéré ses gaufres ! Louloute, s'il te plaît, passe-moi une éponge !




(photos X)

7 PETIT(S) COMPRIMÉ(S):

Blogger Ally a écrit...

T'as une imagination débordante ! C'est excellent ce texte:-) Le poeme de Bruno Mazure il est de toi ?
Par contre t'as abusé de mettre une photo de Sarko ! j'vais faire des cauchemars moi maintenant !;o)

19/2/05 9:37 PM  
Anonymous jujuly a écrit...

"mettre les gens trop brillants hors d'état de luire"
Anitta, je t'aime !!!
(je t'ai vue à Drucker, c'est vrai que t'es jolie)

20/2/05 12:36 AM  
Anonymous Ailes a écrit...

excellente cette note , tu étais magnifique c'est druker , bravo

sourire

20/2/05 1:17 AM  
Anonymous racontars a écrit...

Tu as de ces cauchemars toi... Faut pas dormir si tôt après le repas. La digestion donne des hallu :-)))
J'adore ce texte.

Autre chose, comme je ne peux pas t'envoyer un mail (erreur permanente sur le reply), voici :
Oui, c'est bon pour le 10 :-)
Ça te ferait dix point avec le nom de l'album
Tu as une semaine pour en trouver d'autres et en plus je donne des
indices tous les jours
Rac

Bon dimanche

20/2/05 1:16 PM  
Blogger Anne a écrit...

Bon c'est décidé.

Il faut que j'arrête de te lire du bureau.

Le résultat est assez peu compatible avec ce que je suis censée faire en ces hauts lieux du cramage de neurones.

;-)

21/2/05 12:44 PM  
Anonymous Solstyce a écrit...

Anitta ! Tu regardes trop la télé ! Remarque, je dis ça pour toi, pasque moi personnellement ça ne me dérange pas que tu continues d'écrire des posts aussi talentueux... Donc je te laisse le soin de comater devant Marc-Olivier Fogiel pour voir ce que ça va donner...

Bon, j'y vais, Béatrice Schonberg m'attend...

22/2/05 7:06 PM  
Anonymous tgtg a écrit...

applaudissements!!!


et dire que j'ai raté cette émission:-(((


Mais tu racontes tellement bien que c'est comme si je l'avais vue:-)

22/2/05 9:16 PM  

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